Plus de 2500 recrues de 18 à 22 ans ont participé à cette étude. L’analyse a porté sur la qualité de la semence (concentration, mobilité et morphologie), sur leur mode de vie (alimentation, état de santé, éducation) des jeunes hommes ainsi qu’auprès des parents, afin d’évaluer les conditions de la gestation. 

L’étude révèle que près de 60% des jeunes Helvètes ont au moins un de ces trois paramètres (concentration, mobilité et morphologie) en-dessous des références de l’OMS, et que 5% ont un problème pour ces trois facteurs simultanément. Ces résultats suggèrent que la qualité spermatique des jeunes hommes en Suisse est critique et que leur fertilité future sera vraisemblablement affectée.

L’étude dévoile une corrélation entre la mauvaise qualité du sperme et l’augmentation du cancer des testicules en Suisse. «Depuis 35 ans, le cancer des testicules augmente de manière régulière pour atteindre plus de 10 cas pour 100’000 hommes, ce qui est très élevé comparativement à d’autre pays européens. La qualité du sperme est généralement inférieure dans les pays où l’incidence de cancer testiculaire est élevée», s’inquiète Serge Nef. C’est vraisemblablement la conséquence d’une altération du développement testiculaire au stade foetal, incitant les scientifiques à creuser dans cette direction.
Les chercheurs de l’UNIGE s’attaquent maintenant à identifier les causes de cette faible qualité du sperme, en évaluant si des facteurs environnementaux ou de style de vie pourraient y être associés. Une prochaine étape, dans une dizaine d’années, prévoit un suivi des participants afin de savoir s’ils ont eu des enfants ou ont souffert d’un cancer des testicules.
 

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Communiqué de presse de l'UNIGE.