Accès aux soins de chirurgie pédiatrique : une question mondiale !

Promouvoir l’accès aux soins chirurgicaux dans des pays en voie de développement, en particulier pour les enfants atteints de maladies congénitales
Catégorie
Qualité des soins
Humanitaire
Statut
En cours, recherche de financements complémentaires

CONTEXTE

Sur les 234 millions d'opérations chirurgicales entreprises dans le monde, 3,5% seulement bénéficient aux plus pauvres de la population. Ce chiffre rappelle les disparités énormes dans l'accès aux soins de santé. Dans certains pays, jusqu'à 10% des nourrissons meurent pendant la période néonatale et une part considérable de cette mortalité peut être attribuée aux anomalies congénitales. En termes de chirurgie pédiatrique, les besoins restent encore négligés et souvent, les anomalies congénitales ne sont pas réparées entraînant des incapacités permanentes. Les enfants meurent ainsi de problèmes chirurgicaux corrigibles.

 

PROJET

Ce projet, baptisé Geneva Project in Global Children's Surgery, est adapté aux besoins identifiés localement et destiné à avoir un impact sur le long terme. L’idée est de promouvoir l’accès aux soins chirurgicaux pour chaque enfant, chaque fois qu'il en a besoin, sans causer l'appauvrissement de sa famille. Cela implique d’agir sur la formation des professionnels et professionnelles de la santé, la qualité des infrastructures et le réseau de soutien. Le projet est prévu sur une durée de cinq ans et cible, notamment, les enfants atteints de malformations anorectales et de la maladie d’Hirschsprung. Une première phase, dite de préprojet, consistera dans le choix du pays.

Ce projet est rendu possible grâce aux généreux soutiens des donateurs et donatrices de la Fondation privée des HUG, de la Fondation André & Cyprien, de la Fondation Dora, de la Fondation Francis & Marie-France Minkoff, du Rotary-Club de Nyon la Côte, de la République et canton de Genève ainsi que de la Confédération suisse

 

Où en sommes-nous ?

Mars 2025 : Le projet a renforcé la collaboration entre les communautés, les tradipraticiens et le système de santé afin d’améliorer la prise en charge des fractures chez l’enfant et la prévention des accidents domestiques. Une formation spécifique sur les fractures pédiatriques, intégrant un rappel sur le noma, a été conçue et dispensée à 700 tradipraticiens dans la région ciblée. Cette formation a également été intégrée aux Journées africaines de la médecine traditionnelle du Burkina Faso et de la sous-région. Un cahier de poche validé par le ministère de la Santé burkinabé a été élaboré et distribué dans 400 postes de santé.
Parallèlement, 212 agents et agentes de santé communautaire et 2 animateurs radio ont été formés permettant l’organisation de 2 749 causeries éducatives dans les villages, qui ont touché près de 58 000 personnes ainsi que la réalisation de 40 émissions radiophoniques atteignant plus de 270 000 auditeurs. Des ateliers nationaux ont permis d’échanger sur les meilleures stratégies de sensibilisation et de lancer un projet de prévention à grande échelle dans la région des Hauts-Bassins incluant la création d’outils pédagogiques adaptés.
Au niveau national, un important travail de plaidoyer a été mené avec l’analyse de 160 indicateurs sur les capacités chirurgicales des hôpitaux, partagés avec les autorités. Ces actions ont contribué au recrutement de 40 chirurgiens pédiatres et à l’élaboration en cours d’une stratégie nationale de développement de la chirurgie pédiatrique 2025–2030, accompagnée d’un suivi régulier auprès du ministère de la Santé burkinabé et d’une feuille de route alignée sur les standards internationaux.

Mars 2024 : Il aura fallu deux ans à ce programme pour voir le jour. Deux années d’échanges, de discussions, de rencontres, de détermination aussi pour bâtir ce Plan de développement de la chirurgie pédiatrique au Burkina Faso.
Ce programme a déjà eu un impact réel sur l’écosystème chirurgical pédiatrique dans le pays. La nouvelle infrastructure tient ses promesses et permet de soigner de plus en plus d’enfants dans la région du Sud-Ouest, ce qui mène à un désengorgement de l’hôpital pédiatrique central de Ouagadougou.
Des centaines de professionnels et professionnelles ont bénéficié de formations adéquates pour prendre en charge les enfants de façon optimale et 400 personnes supplémentaires seront formées l’année prochaine.
Toutes les interventions de ce programme ont été réalisées sur la base de recherches-actions menées par les Hôpitaux universitaires de Genève et l’Institut pour les sciences de la santé de Ouagadougou et cela, pour mieux orienter les activités ciblées.
Il faut aussi souligner l’importance du volet communautaire ayant abouti à un renforcement de la collaboration avec les tradipraticiens, les agents et agentes de santé à base communautaire et les infirmiers chefs de poste, acteurs fondamentaux du système de santé. Les responsables de projet sont fières d’avoir sensibilisé près de 100 000 villageois sur les accidents domestiques, les brûlures et fractures étant parmi les premières causes d’hospitalisation.
Ce programme a non seulement contribué à créer une impulsion majeure pour le développement de cette discipline, mais il fournit également à la communauté d’intérêt un programme de mise en œuvre concret pour confirmer le principal défi à relever : l’intégration de la chirurgie pédiatrique dans le cadre plus large de la santé globale.

Mars 2023 : Le nouveau bloc pédiatrique a déjà permis d’opérer 600 enfants souffrant de diverses pathologies dont l’exploit de séparer des siamois, aujourd’hui auprès de leur famille. La construction de la nouvelle aile d’hospitalisation, dont la première pierre a été posée en janvier 2022 et comprenant 16 lits supplémentaires, est désormais terminée et accueille ses premiers petits patients et patientes. De magnifiques dessins réalisés par un artiste local ont permis d’égayer les lieux. Une inauguration en présence du ministre de la Santé burkinabé se déroulera prochainement. Toutes ces opérations n’auraient pu être réalisées sans un personnel qualifié.
Le programme a d’ores et déjà pu former 100 infirmiers et infirmières en pédiatrie, 90 anesthésistes et infirmiers anesthésistes, 70 instrumentistes, 60 sage-femmes et 25 chirurgiens pédiatres. Certaines formations seront mises à l’échelle cette année.
Ces projets communautaires ont permis de former 150 tradipraticiens sur les fractures chez l’enfant et un projet de sensibilisation portant sur les brûlures est en cours de réalisation. Deux projets de recherche ont également été menés à bien et de nombreuses données épidémiologiques utiles, capables de mieux orienter les actions à venir, ont été collectées.
Toutes ces activités sont encadrées par une convention de collaboration tripartite entre les Hôpitaux universitaires de Genève, le Centre hospitalier universitaire de Bobo-Dioulasso (CHUSS) et le ministère de la Santé burkinabé afin d’optimiser l’ancrage et la durabilité des actions et cela, malgré les bouleversements sociopolitiques récents.

 

CHEFFEs DE PROJET

Professeure Barbara Wildhaber, Médecin-cheffe de service, Service de chirurgie de l'enfant et de l'adolescent, Département de la femme, de l’enfant et de l’adolescent, Hôpitaux universitaires de Genève & Professeure ordinaire, Faculté de médecine, Département de pédiatrie, gynécologie et obstétrique, Université de Genève

Madame Sophie Inglin Stoppini, Cheffe de projet, Service de chirurgie de l'enfant et de l'adolescent, Département de la femme, de l’enfant et de l’adolescent, Hôpitaux universitaires de Genève