Contexte

La recherche pour vaincre la pandémie de Covid-19 se construit grâce au partage de connaissances, notamment sur la question des traitements. A l’heure actuelle il n’existe toujours pas de médicament ni de vaccin spécifiques au virus. Les options thérapeutiques les plus prometteuses sont les thérapies antivirales, qui pourraient empêcher le virus de se répliquer (remdesivir) ou de fusionner avec les cellules du corps humain (hydrochloroquine). La réaction inflammatoire excessive de l’organisme face au virus, ou « orage cytokinique» est liée à un excès d’interleukines-6 (IL-6), et des essais de traitement par anticorps inhibiteur d’IL-6 (tocilizumab, sarilumab) sont aussi en cours. Une piste d’autant plus intéressante que cette tempête immunitaire affecte moins les personnes fragiles que des hommes jeunes et en bonne santé mais dont le surpoids ou l’obésité augmente la réaction inflammatoire, laissant les médecins démunis.

Ces thérapies ont des effets secondaires, potentialisés par les interactions médicamenteuses et par le fait que les formes graves du virus sont observées chez des patients souffrant d’autres affections. D’autre part, le SARS-CoV-2 utilise l’enzyme de conversion de l’angiotensine II (ECA2) pour infecter l’organisme. Or les niveaux d’ECA2 sont augmentés par des médicaments souvent utilisés pour traiter les patients atteints de maladies cardiovasculaires, d’hypertension artérielle ou de diabète. Néanmoins, il n’a pas été démontré qu’arrêter ces traitements avait un effet bénéfique pour ralentir l’infection, et l’aggravation des pathologies pré-existantes en cas d’arrêt a conduit les autorités sanitaires à ne pas recommander de stopper ces traitements. Sur le plan cardiovasculaire enfin, des myocardites ont été décrites sans qu’il soit possible de déterminer si elles étaient une manifestation de la pathologie ou celle d’un groupe d’individus prédisposés à leur apparition.

 

 

Projet

Ce projet vise à analyser les effets du virus SARS-CoV-2 et des stratégies médicamenteuses sur le système cardiovasculaire. Il est construit en 2 phases :

  • Une phase rétrospective, durant laquelle sont analysés le parcours de soins, les examens et les traitements administrés aux patients hospitalisés aux HUG pour Covid-19
  • Une phase prospective qui s’étendra jusqu’à 1 an après la fin de l’hospitalisation du dernier patient et durant laquelle seront compilés les événements cardiovasculaires nouveaux, les changements de traitements et l’impact de la maladie sur la qualité de vie

Les résultats seront analysés en fonction du critère d’antécédents ou non de maladies cardiovasculaires. L’objectif est de déterminer les relations entre le virus et les maladies cardiovasculaires en fonction de l’âge, des antécédents, des facteurs de risques, des traitements antérieurs et des traitements administrés durant l’hospitalisation.

Ce projet est soutenu par la Fondation des HUG.

Cette étude, pilotée par le Pr. François Mach, est menée par le Service de cardiologie avec la collaboration de la Direction Médicale et Qualité, des Services de médecine interne générale, des soins intensifs et de la gériatrie.

 

 

ChefS de projet

Professeur François Mach, Médecin chef de service, Service de cardiologie, Département de médecine, Hôpitaux Universitaires de Genève & Professeur ordinaire, Faculté de médecine, Département de médecine, Faculté de médecine de l’Université de Genève

Docteure Elena Tessitore, Médecin cheffe de clinique, Service de cardiologie, Département de médecine, Hôpitaux Universitaires de Genève