Contexte

La famille des coronavirus n’est pas nouvelle; c’est la seconde cause de rhumes ou infections des voies respiratoires supérieures chez l’homme. Le virus qui occupe actuellement le monde entier est un cousin distant qui nous vient du monde animal. Les virus animaux, qui réussissent à infecter l’homme, peuvent se révéler des ennemis redoutables en raison de l’absence d’immunité préexistante dans la population humaine. COVID-2019 présente un taux de mortalité aujourd’hui estimé à 2%, soit près de 100 fois plus élevé que la grippe saisonnière. L’épidémie ayant conduit l’OMS à déclarer une « urgence de santé publique sanitaire de portée internationale » se révèle de plus en plus complexe et est loin d’être contrôlée. Les scientifiques observent, au jour le jour, l’émergence de cette nouvelle épidémie, situation unique où se mêlent sciences médicales, sociales, géopolitiques et défis de communication. Le virus dicte le rythme et les autorités de santé publiques sont parfois prises de court par le mode de contagiosité et la virulence de l’épidémie. Des mesures de quarantaine et d’hygiène sont mises en place pour éviter la propagation de la maladie. Mais encore faut-il comprendre les mécanismes d’infection du virus pour être capable de le défier, aujourd’hui comme demain.

 

Projet

Ce projet vise à comprendre les mécanismes d’infection SARS-CoV-2 dans le cadre de l’épidémie Covid-19 afin d’obtenir des informations cruciales pour des interventions thérapeutiques.

Voici ce qui a été réalisé ces premiers mois de pandémie, et les études en cours, au CHUMVE:

La recherche fondamentale: 
- Très rapidement, dès le début de la première vague épidémique, des tests sérologiques ont été mis au point. Ces tests, réalisés sur des prélèvements sanguins, analysent les taux d'anticorps contre le coronavirus SARS-CoV2. L'information sur le niveau d'immunité de la population est essentielle pour suivre l'évolution de la pandémie et proposer des mesures sanitaires adéquates. Ces tests ont donc été validés par le Centre hospitalo-universitaires genevois des maladies virales émergentes. Ils ont fait l'objet d'une publication scientifique dans le journal Clinical Microbiology and Infection. Validation of a commercially available SARS-CoV-2 serological immunoassay. B. Meyer, G. Torriani, S. Yerly, L. Mazza, A. Calame, I. Arm-Vernez, G. Zimmer, T. Agoritsas, J. Stirnemann, H. Spechbach, I. Guessous, S. Stringhini, J. Pugin, P. Roux-Lombard, L. Fontao, C.-A. Siegrist, I. Eckerle, N. Vuilleumier, L. Kaiser, for the Geneva Center for Emerging Viral Diseases. June 2020. Clinical Microbiology and Infection. 2020 ; 26 (10) : 1386-1394.

- Grâce à ces tests, et en collaboration avec de multiples partenaires locaux, les équipes de recherche des HUG et de l’Université de Genève ont pu conduire une étude permettant de répondre à une question clé de santé publique à savoir la proportion de personnes infectées dans la population genevoise après la première vague ? Cette étude qui était une des premières de ce type en Europe et la première en Suisse a permis de mettre en évidence que seule 10% de la population a été infectée et a eu donc des conséquences majeures en termes des différentes interventions de santé publique à prévoir. Les résultats ont été publiés dans la prestigieuse revue The Lancet. Seroprevalence of anti-SARS-CoV-2 IgG antibodies in Geneva, Switzerland (SEROCoV-POP): a population-based study. S. Stringhini, A. Wisniak, G. Pimatti, A. S. Azman, SA. Lauer, H. Baysson, D. De Ridder, D. Petrovic, S. Schrempft, K. Marcus, S. Yerly, I. Arm-Verenz, O. Keiser, S. Hurst, KM. Posfay-Barbe, D. Trono, D. Pittet, L. Gétaz, F. Chappuis, I. Eckerle, N. Vuilleumier, B. Meyer, A. Flahault, L. Kaiser, I. Guessous. The Lancet August 2020 ; 396 :313-319.

- Comprendre si les enfants sont des vecteurs potentiels de l’infection est également essentiel. Les chercheurs ont évalué la proportion d’enfants chez qui il est possible de retrouver du virus vivant et contagieux. Ils ont ainsi prouvé que les enfants, les adolescents et les adultes présentent des charges virales infectieuses similaires. La publication dans Clinical infectious disease en parle.SARS-CoV-2 viral load in the upper respiratory tract of children and adults with early acute COVID-19. S. Baggio, AG L'Huillier, S. Yerly, M. Bellon, N. Wagner, M. Rohr, A. Huttner, G. Blanchard-Rohner, N. Loevy, L. Kaiser, F. Jacquerioz, I. Eckerle. Clin Infect Dis. 2020 Aug 6

- Avec la constatation d’une seconde vague épidémique, de multiples perspectives s’imposent. Dans le domaine de la recherche appliquée diagnostique il nous faut innover dans l’utilisation de prélèvements alternatifs aux frottis nasopharyngés, des tests dits « antigéniques » rapides (ou similaires) ou des méthodes diagnostiques alternatives. En parallèle, les chercheurs du Centre hospitalo universitaires genevois des maladies virales émergentes participent également à de multiples essais sur les outils diagnostiques. 

- Du côté des antiviraux, les études se poursuivent pour identifier la cible clé dès le début de l'infection. Des découvertes sur le bleu de méthylène ouvrent de nouvelles pistes. (https://www.biorxiv.org/content/10.1101/2020.08.14.251090v1.article-metrics and https://europepmc.org/article/PPR/PPR201237).

Ensemble, les scientifiques développent une recherche permettant de répondre à des questions à l’interface des sciences cliniques et fondamentales, concernant le comportement biologique du virus et sa susceptibilité à certains antiviraux. 

La recherche clinique:
Sur le plan clinique, le spectre des complications de la maladie liées au SARS-CoV-2 est plus large que ce qui avait été initialement observé. Plusieurs lacunes subsistent dans notre compréhension des complications à court et à long terme et leur relation avec les réponses immunitaires innées et acquises. Chez certains individus, la COVID-19 évolue d'une maladie indolente à un syndrome de détresse respiratoire aiguë en raison d'effets cytopathiques directs et d'une altération de l'expression des médiateurs immunitaires, avec une réduction des réponses à l'interféron de type I (IFN) jouant probablement un rôle clé dans l’activation du système immunitaire. On ne sait toujours pas pourquoi certaines personnes souffrent d'une telle pathologie dévastatrice alors que beaucoup d'autres ont des infections légères ou même asymptomatiques. De plus, nous ne comprenons pas encore la signification clinique de l'excrétion prolongée du SARS-CoV-2 chez certains patients, ou le phénomène de rechutes cliniques malgré la disparition totale de symptôme chez d’autres patients. Les réactions immunitaires sévères de type Kawasaki observées chez les enfants et les jeunes adultes malgré une infection majoritairement bégnine chez ces sujets, restent à étudier. 

Enfin, une diminution rapide des anticorps et une réinfection ultérieure ont été décrites après une exposition au coronavirus humain (HCoV), faisant de l'évaluation de la durabilité immunitaire une priorité absolue. Une cohorte COVID-19 complète et longitudinale avec une infrastructure permettant une investigation clinique, virologique et immunologique approfondie est donc nécessaire pour élucider tous ces phénomènes et mieux identifier les personnes à risque, et cela d’autant plus qu’au cours de la prochaine saison hivernale, le SARS-CoV-2 circulera en même temps que le VHC, ou d’autres agents infectieux respiratoires viraux, comme le virus de la grippe.

La caractérisation des réponses innées et adaptatives à ces infections virales permettra d'identifier les similitudes et les différences clés afin de mieux cibler l'immunopathologie du SARS-CoV-2 L’étude comparative fournira également des connaissances sur l’impact du SARS-CoV-2  sur la «forme» du système immunitaire inné et sa capacité à répondre aux infections ou aux vaccinations ultérieures.

Les chercheurs des HUG et de l’UNIGE poursuivent donc leurs efforts, pour vous, grâce à vous. 

Pour piloter ce projet, nous pouvons compter sur des équipes de chercheurs aux profils complémentaires, travaillant tous dans le domaine des virus respiratoires ou dans les maladies émergentes depuis de nombreuses années. Leurs propositions s’inscrivent dans une démarche à long terme, visant à consolider l’expertise locale au-delà de l’urgence de santé publique actuelle.

Ce projet est soutenu par la Fondation du Groupe Pictet et par la Fondation Ancrage.

Une bourse CONFIRM a également été attribuée à ce projet par la Fondation privée des HUG, et grâce à la générosité d'une Fondation privée genevoise.

Vous pouvez vous aussi contribuer à sa réalisation par votre don.

Pour faire un don: Credit Suisse, Fondation privée des HUG - IBAN CH75 0483 5094 3228 2100 0 ou CCP 80-500-4 _ Référence: COVID-19

Votre don est fiscalement déductible. La Fondation reversera l'intégralité des dons reçus à ce projet.

Pour plus d'informations sur ce virus et l'actualité, n'hésitez pas à consulter la page web des Hôpitaux universitaires de Genève: https://www.hug.ch/coronavirus

 

Chefs de projet

Professeure Isabella Eckerle, Professeure associée, Département de médecine, Université de Genève & Médecin adjointe agrégé, Service des maladies infectieuses, Département de médecine, Hôpitaux universitaires de Genève
Professeure Claire-Anne Siegrist, Professeure ordinaire à la Faculté de médecine de l'Université de Genève et médecine adjointe agrégée responsable d'unité au Département mère, enfant et adolescent des Hôpitaux universitaires de Genève.
Professeure Caroline Tapparel, Professeure associée, Département de microbiologie et médecine moléculaire, Faculté de médecine, Université de Genève
Professeur Laurent Kaiser, Professeur ordinaire, Département de médecine, Université de Genève & Médecin chef de service, Service des maladies infectieuses, Département de médecine, Hôpitaux universitaires de Genève
Dre Pauline Vetter, Médecin interne, Service des maladies infectieuses, Hôpitaux universitaires de Genève 

 

 

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