Contexte
La fratrie d’un enfant porteur de handicap ou atteint d’une maladie rare et/ou complexe est désormais reconnue comme une population à risque sur le plan psychique. La souffrance des frères et sœurs peut varier selon l’âge, le rang dans la fratrie, la vulnérabilité familiale et leurs ressources propres. Un accompagnement psychologique adapté contribue à soulager non seulement ces jeunes, mais aussi leurs parents, en influençant positivement la dynamique familiale.
Le groupe de soutien proposé repose sur le constat que l’adaptation à la maladie ou au handicap peut générer divers symptômes chez la fratrie : hypermaturité, repli, dépression, échec scolaire ou sentiment d’abandon. Il prend en compte une palette d’émotions souvent difficiles à exprimer : tristesse, honte, culpabilité, solitude.
Au printemps 2024, le Centre CORAIL et l’association RESILIAM ont mené un projet pilote de groupe pour fratries, animé en 4 séances entre mai et juin, avec 4 adolescents de 12 à 15 ans. Les jeunes ont rapporté, via des questionnaires pré- et post-séances, une meilleure compréhension du handicap de leur frère ou sœur, un soulagement émotionnel et le bénéfice de partages entre pairs. Deux souhaitent poursuivre, et l’une a été orientée vers un suivi individuel. Les parents ont exprimé leur satisfaction, malgré la brièveté de l’intervention.
Projet
Ce projet vise désormais à :
• Offrir un groupe de soutien spécifiquement conçu pour les fratries, fondé sur les données scientifiques actuelles ;
• Valider l’impact du dispositif sur les capacités d’adaptation des participants, à l’aide d’entretiens et de questionnaires standardisés.
où en sommes-nous ?
Mars 2026 : Depuis le lancement du projet ÉMOI, le Centre Corail, en collaboration avec l’association RESILIAM, a mis en place des groupes de soutien spécifiquement destinés aux frères et sœurs d’enfants en situation de handicap ou atteints de maladies rares. En 2025, deux groupes ont été organisés, chacun composé de six séances, réunissant au total sept enfants âgés de 8 à 15 ans. Ces groupes ont offert un espace sécurisé d’expression et de partage, animé par une psychologue et une psychomotricienne, autour de thèmes tels que la place dans la famille, les émotions, la relation fraternelle et les ressources personnelles. Un temps de rencontre parents‑enfants a conclu chaque cycle afin de renforcer le dialogue familial. Les retours des enfants et des parents ont été très positifs, faisant apparaître un mieux‑être émotionnel, un sentiment de ne plus être seul et une meilleure compréhension de la situation de leur frère ou sœur.
Cheffes de projet
Madame Mélanie Théate, Case manager, Service de pédiatrie générale, Département de la femme, de l’enfant et de l’adolescent, Hôpitaux universitaires de Genève
Madame Dorothée Walter, Psychologue, Service de pédiatrie générale, Département de la femme, de l’enfant et de l’adolescent, Hôpitaux universitaires de Genève
