Le laboratoire de recherche du neurologue Giovanni Frisoni, directeur du centre de la mémoire des HUG et professeur au Département de réhabilitation et gériatrie de la Faculté de médecine de l’UNIGE, travaille sur l’influence potentielle du microbiote intestinal sur le cerveau, et plus particulièrement sur les maladies neurodégénératives. 

L'étude menée pendant cinq ans confirme qu’une corrélation existe entre un déséquilibre du microbiote intestinal et le développement des plaques amyloïde dans le cerveau humain. Elles sont à l’origine des troubles neurodégénératifs caractéristiques de la maladie d’Alzheimer. Des protéines produites par certaines bactéries intestinales, identifiées dans le sang des malades, pourraient en effet modifier l’interaction entre le système immunitaire et le système nerveux et déclencher la maladie.


Cette découverte ouvre la voie à des stratégies protectrices potentiellement très novatrices – au travers de l’administration d’un cocktail bactérien par exemple, ou de prébiotiques afin de nourrir les «bonnes» bactéries de notre intestin. «Il ne faut cependant pas se réjouir trop vite,» tempère Pr Giovanni Frisoni. En effet, il faut d’abord identifier les souches du cocktail. Ensuite, cet effet neuroprotecteur ne pourrait être efficace qu’à un stade très précoce de la maladie, dans une optique de prévention plutôt que de thérapie. Or, le diagnostic précoce reste encore aujourd’hui l’un des principaux défis de la prise en charge des maladies neurodégénératives.

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