Contexte
Les maladies tropicales négligées de la peau (MTN) telles que la lèpre, l’ulcère de Buruli, le pian, la leishmaniose cutanée et le mycétome présentent une prévalence inacceptable dans de nombreux pays et certaines d'entre elles auraient dû être éradiquées. En collaboration avec l'ONG NLR (until No Leprosy Remains), l’OMS a développé l’application numérique gratuite « Skin NTDs App », conçue pour aider le personnel de santé de première ligne à diagnostiquer et traiter les MTN cutanées précocement à l’aide de l’intelligence artificielle. Cette application offre une opportunité unique pour pallier le manque d’accès aux soins dermatologiques dans les pays à ressources limitées et accélérer l’éradication des MTN cutanées. De plus, les patientes et patients eux-mêmes peuvent y avoir accès.
Projet
Ce projet, en collaboration avec l’OMS et l’Université ouverte de Catalogne, consiste à mener en Côte d’Ivoire un projet d’évaluation de l’application numérique skin NTDs afin de démontrer son intérêt dans le diagnostic des MTN, l’efficacité du référencement de la patientèle concernée vers un site de soins, et son potentiel développement dans d’autres pays comme le Kenya et le Ghana.
Plus précisément, l’application analysera des photos de lésions cutanées de patients et proposera un diagnostic différentiel et un traitement précis en référant rapidement en cas de maladie éradicable. À long terme, l’application pourra faire partie des programmes nationaux de santé publique dans les zones endémiques des MTN cutanées afin de lutter plus efficacement contre les conséquences sanitaires, économiques et sociales dévastatrices de ces maladies.
où en sommes-nous ?
Janvier 2026 : En 2025, les autorisations éthiques ont été obtenues, les outils ont été adaptés au terrain et une première mission de formation a été menée auprès de professionnelles et professionnels de santé locaux.
Cinquante infirmiers et trois dermatologues ivoiriens participent désormais à l’étude.
Le projet a aussi mis en place un accompagnement technique à distance pour permettre l’utilisation sécurisée des smartphones et des applications mobiles.
La prochaine étape consiste à collecter les données de terrain pour mesurer si cette technologie peut réellement améliorer le diagnostic et la prise en charge de la patientèle.
Cheffe de projet
Professeure Laurence Toutous Trellu, Médecin adjointe agrégée, Service de dermatologie et vénérologie, Département de médecine, Hôpitaux universitaires de Genève & Professeure associée, Faculté de médecine, Département de médecine, Université de Genève
