Contexte

Les morsures de serpent, considérées comme maladie tropicale négligée, sont la deuxième cause de mortalité dans les pays tropicaux. Elles sont responsables de plus de 100 000 morts humaines et d’environ 3 fois plus d’amputations et d’autres incapacités définitives. Les agriculteurs et les enfants sont les plus touchés. Les antivenins peuvent sauver la vie, mais nécessitent l'identification correcte du serpent mordant, souvent difficile en raison de la diversité des serpents et de l'information incomplète ou trompeuse fournie aux cliniciens par les victimes de morsures. Un projet international d’identification des serpents, des antivenins et des centres médicaux spécialisés est actuellement financé par les Fonds national Suisse pour la recherche scientifique (Snake Byte). Grâce aux informations récoltées, chaque espèce sera répertoriée et protégée, et en cas de morsure, son remède sera spécifié.

 

Projet

Ce projet propose de développer une appli mobile en s’appuyant sur le projet du FNS,  permettant une reconnaissance directe du reptile par simple photo. Le site médical le plus proche pour recevoir l’antivenin adapté sera indiqué par géolocalisation. L’appli pourra également fournir des informations sur les gestes de secours à observer dans l’attente du traitement.

 

Où en sommes-nous ?

Février 2020 : En un an, 390'346 photos de 2'528 espèces de serpents ont été rassemblées. Suite au défi lancé sur la plateforme collaborative AICrowd, 24 algorithmes pour identifier les serpents par l’intelligence artificielle ont été développés. Les chefs de projet ont démontré le potentiel d’une communauté d’herpétologistes à identifier rapidement et précisément des serpents à partir de photos (défi de sciences citoyennes). Ils ont promu le projet dans 16 conférences internationales/évènements, dans les médias en 8 occasions et rédigés 5 articles scientifiques (dont deux publiés dans les prestigieuses revues Nature et Lancet Digital Health).

 

Chefs de projet

Isabelle Bolon, Adjointe scientifique, Institut de santé globale, Université de Genève
Rafael Ruiz de Castaneda, Maître assistant, Institut de santé globale, Université de Genève

Pour aller plus loin

La lutte contre les serpents dangereux s’intensifie

Une carte identifie les populations les plus vulnérables aux morsures de serpent

The Lancet Digital Health