Contexte

Les morsures de serpent, considérées comme maladie tropicale négligée, sont la deuxième cause de mortalité dans les pays tropicaux. Elles sont responsables de plus de 100 000 morts humaines et d’environ 3 fois plus d’amputations et d’autres incapacités définitives. Les agriculteurs et les enfants sont les plus touchés. Les antivenins peuvent sauver la vie, mais nécessitent l'identification correcte du serpent mordant, souvent difficile en raison de la diversité des serpents et de l'information incomplète ou trompeuse fournie aux cliniciens par les victimes de morsures. Un projet international d’identification des serpents, des antivenins et des centres médicaux spécialisés est actuellement financé par les Fonds national Suisse pour la recherche scientifique (Snake Byte). Grâce aux informations récoltées, chaque espèce sera répertoriée et protégée, et en cas de morsure, son remède sera spécifié.

 

 

Projet

Ce projet propose de développer une appli mobile en s’appuyant sur le projet du FNS,  permettant une reconnaissance directe du reptile par simple photo. Le site médical le plus proche pour recevoir l’antivenin adapté sera indiqué par géolocalisation. L’appli pourra également fournir des informations sur les gestes de secours à observer dans l’attente du traitement.

 

 

Où en sommes-nous?

Janvier 2021: Ce magnifique projet a permis de réunir le plus grand ensemble de photos de serpents: 418'345 photos de 2'460 espèces.
Des algorithmes prometteurs de reconnaissance et classification de serpents par ordinateur ont pu être développés dans le cadre d'un challenge lance internationalement auprès d'experts et de passionnés d'intelligence artificielle.
La version bêta d'une application a été réalisée. Elle permet d'identifier les photos de serpents en intégrant, à la fois, la reconnaissancce par l'intelligence artificielle mais aussi par la communauté mondiale d'herpétologistes.
Ce financement est à présent terminé mais les chefs de projet souhaitent continuer à alimenter la banque de photos de serpents, faire progresser la reconnaissance par l'intelligence artificielle et améliorer la version bêta de l'application afin de la tester sur le terrain.
Ce travail international a été rendu possible grâce à des partenaires tels que AlCrowd, EPFL, l'Université de Zurich, l'ETHZ, l'Université de Melbourne, MSF, l'OMS, etc.

 

 

Chefs de projet

Isabelle Bolon, Adjointe scientifique, Institut de santé globale, Université de Genève
Rafael Ruiz de Castaneda, Maître assistant, Institut de santé globale, Université de Genève

Pour aller plus loin

La lutte contre les serpents dangereux s’intensifie

Une carte identifie les populations les plus vulnérables aux morsures de serpent

The Lancet Digital Health

The Royal Society