Contexte

Pourquoi certaines personnes deviennent toxicomanes et d’autres sont-elles capables d’arrêter ? Une personne sur cinq qui prend de l’héroïne, par exemple, devient héroïnomane. La toxicomanie consiste à passer d’une consommation récréative de drogue à une consommation compulsive, où même des effets indésirables très graves, ne peuvent empêcher la personne de consommer de la drogue. Si on pouvait identifier les gènes impliqués dans la dépendance, ce serait alors une ouverture à de nouvelles pistes thérapeutiques pour aider les toxicomanes à se libérer de leur addiction.

 

Projet

Ce projet vise à comprendre le processus moléculaire du glissement vers la dépendance. Il consiste à analyser les phénomènes d'épigénétique impliqués dans ce processus. À partir de souris dont les neurones sont stimulés par la lumière, les chercheurs vont créer un modèle d’étude parfait pour l’étude de l’addiction, montrant une population qui va sombrer dans la consommation compulsive de drogue et une autre population qui va très vite stopper sa consommation, ou du moins l’adapter à un niveau de consommation récréative. On pourra ainsi mieux comprendre ce qui se passe au niveau moléculaire et génétique : quels gènes vont s’activer dans le processus de dépendance sous l’effet de stimuli positifs, et ce malgré les stimuli négatifs.

 

où en sommes-nous ? 

Décembre 2021 : À partir d'une cohorte de souris, les chercheurs ont identifié des individus avec comportement compulsif, et d’autres avec une consommation contrôlée. L'analyse des neurones de ces deux catégories de souris a été faite en se concentrant sur l'expression des gènes, et en fonction de la période de stimulation (pour imiter les états de manque ou de stabilité). Plusieurs gènes ont ainsi été identifiés comme responsables de la vulnérabilité à l'addiction. Le projet se poursuit en se concentrant sur les niveaux d'expression de ces gènes clés.

 

Chef de projet

Professeur Christian Lüscher, Médecin hospitalo-universitaire, Service de neurologie, Département des neurosciences cliniques, Hôpitaux Universitaires de Genève & Professeur Ordinaire, Département des neurosciences fondamentale, Faculté de médecine de l’Université de  Genève