contexte
Les fonctions cognitives — comme l’attention, la mémoire, la prise de décision ou le langage — sont au cœur de notre capacité à interagir avec le monde et à mener une vie autonome. Pourtant, chez les personnes atteintes de troubles psychiatriques neurodéveloppementaux, ces capacités sont souvent altérées, avec des conséquences majeures sur leur fonctionnement quotidien, leur intégration sociale et leur qualité de vie. Ces déficits cognitifs, qui s’aggravent progressivement avec le temps, résistent malheureusement aux traitements pharmacologiques actuels, laissant les patients et leurs familles sans solutions adaptées.
Parmi ces troubles, le syndrome de délétion 22q11.2 (22q11.2DS) représente un modèle clé pour comprendre les mécanismes sous-jacents des psychopathologies neurodéveloppementales. Ce syndrome, caractérisé par des anomalies génétiques spécifiques, offre une fenêtre unique sur la manière dont les circuits cérébraux se développent et dysfonctionnent, ouvrant ainsi la voie à des stratégies thérapeutiques innovantes. Des recherches antérieures ont déjà mis en lumière le rôle de la synchronisation de l’hippocampe comme cible potentielle pour des interventions précoces, avec des résultats préliminaires encourageants suggérant que certains antipsychotiques pourraient avoir des effets neuroprotecteurs. Cependant, ces approches restent insuffisantes pour répondre à la complexité des processus cognitifs et à leur évolution sur le long terme.
Projet
Ce projet vise à approfondir la compréhension des dysfonctionnements cognitifs dans les troubles psychiatriques neurodéveloppementaux, en se concentrant sur le syndrome de délétion 22q11.2 comme modèle d’étude. L’objectif est d’identifier les mécanismes neurobiologiques sous-jacents aux déficits cognitifs et d’explorer de nouvelles stratégies thérapeutiques, tant pharmacologiques que non pharmacologiques, pour préserver ou améliorer les performances cognitives des patients.
Pour y parvenir, l’équipe de recherche s’appuiera sur une approche translationnelle, combinant des études précliniques sur des modèles animaux et des essais cliniques chez l’humain. Les travaux se concentreront sur l’analyse des circuits cérébraux impliqués dans les processus cognitifs, en cherchant à identifier des cibles thérapeutiques précises qui pourraient être modulées pour restaurer ou protéger les fonctions altérées. Les interventions envisagées iront au-delà des traitements existants, en intégrant des approches innovantes comme la stimulation cérébrale ciblée, les thérapies comportementales adaptées ou des molécules neuroprotectrices plus spécifiques.
Chefs de projet
Professeur Alan Carleton, Professeur ordinaire, Département des neurosciences fondamentales & Centre Synapsy, Faculté de médecine de l'Université de Genève
Professeur Stéphan Eliez, Professeur ordinaire, Département de psychiatrie & Centre Synapsy, Faculté de médecine de l'Université de Genève
