Contexte

La pandémie de SARS-CoV2 s’est rapidement répandue en Europe en février-mars 2020. Dès lors ont été démontrés une influence inhabituelle de l’infection COVID-19 sur la coagulation et un risque anormalement élevé de complications thrombotiques, surtout veineuses. En particulier, les patients hospitalisés avec maladie sévère souffrent de thromboses veineuses profondes, d’embolies pulmonaires et d’autres manifestations thrombotiques (thrombose de filtre d’hémodialyse, thromboses artérielles). Ces événements ont été observés malgré les mesures préventives hospitalières habituelles d’anticoagulation à doses basses, appelées « thromboprophylaxie ».

Ces observations ont naturellement conduit à l’hypothèse de l’anticoagulation à hautes doses comme traitement de la maladie COVID-19. En plus d’une forte protection contre les événements thrombotiques, des études de laboratoire et cliniques suggèrent un bénéfice des anticoagulants dans l’atteinte pulmonaire inflammatoire (appelé syndrome de détresse respiratoire aigu), retrouvé dans la maladie COVID-19, et peut-être un effet antiviral contre d’autres virus de la famille du SARS-CoV2. De ce faisceau d’évidence est née l’idée d’un essai randomisé comparant différentes doses d’anticoagulation pour le traitement de la maladie COVID-19 sévère.

Projet

Seul un essai randomisé contrôlé permet de démontrer l’effet d’une intervention / d’un médicament sur une maladie, en raison des biais de confusion présents dans toute étude observationnelle. Ainsi, nous avons travaillés durant la première vague d’épidémie de mettre sur pied un ambitieux essai randomisé contrôlé initialement mono-centrique, et désormais multicentrique Suisse.

Cette étude randomise les patients hospitalisés pour une maladie COVID-19 sévère à une anticoagulation à dose basse standard ou une anticoagulation à dose élevée, durant l’hospitalisation. Les participants sont inclus au début de leur hospitalisation en Médecine ou après leur transfert aux Soins intermédiaires ou Soins intensifs. Le traitement est administré durant l’hospitalisation, au maximum 30 jours, avec un suivi régulier.

 

Où en sommes-nous ?

Les premiers patients ont été recrutés à Genève, Lausanne, Sion et Locarno pour être inclus dans cette étude. L'association entre un traitement prophylactique d'anticolagulant et leurs symptômes cliniques est en cours d'analyse.