Schizophrénie et récupération

Quels sont les facteurs favorisant le rétablissement fonctionnel et personnel?
Une enquête pour mieux organiser les services de santé mentale, améliorer la qualité des soins et développer des traitements.
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Contexte

Aujourd’hui, les recommandations internationales et nationales pour le traitement de la schizophrénie mettent davantage l'accent sur l'objectif de rétablissement que sur le contrôle des symptômes. Il s’agit de bien distinguer les critères de guérison fonctionnelle (et donc psycho-sociale) et personnelle. La récupération fonctionnelle fait référence à une amélioration ou à une restauration objective du fonctionnement psychosocial, tandis que la récupération personnelle est définie subjectivement par l'individu et concerne une manière de vivre une vie satisfaisante, pleine d'espoir et contributive, même avec les limitations causées par la maladie mentale. Les services de santé mentale ont été suggérés comme étant à la fois une source de soutien et un obstacle au rétablissement. L'identification des facteurs favorisant le rétablissement permettrait de mieux organiser ces services de santé mentale et de prioriser les interventions ciblant ces facteurs.

 

Projet

Ce projet, en partenariat avec la Fondation IF, consiste à mener un programme de recherche sur 1000 personnes (environ un tiers des personnes vivant avec la schizophrénie dans le canton de Genève) suivies dans les unités de soins externes du Département de psychiatrie ainsi qu'en pratique privée. Le but est d'identifier les paramètres qui distinguent les guérisons fonctionnelles et personnelles, ainsi que les facteurs et moyens thérapeutiques pouvant influer positivement sur la bonne évolution de santé mentale du patient. 

 

Où en sommes-nous ?

Février 2026 : L'équipe de recherche a mis en place, au sein des centres ambulatoires du service de psychiatrie adulte des HUG, une nouvelle approche d'évaluation standardisée des troubles psychotiques axée sur le rétablissement. Contrairement aux évaluations classiques, qui se concentrent principalement sur les symptômes, cette méthode, récemment décrite dans la Revue Médicale Suisse de septembre 2025, prend également en compte les objectifs personnels, les ressources et la qualité de vie des personnes concernées.
À ce jour, plus de 260 personnes atteintes de troubles psychotiques ont bénéficié de cette approche, qui permet de structurer les entretiens, de personnaliser davantage les soins et de renforcer l'implication des patientes et patients dans les décisions thérapeutiques. L'intégration de cette démarche dans les pratiques cliniques quotidiennes soulève plusieurs défis de taille, car elle nécessite un changement de culture et une formation continue du personnel soignant. Dans ce contexte, l'équipe poursuit ses efforts pour renforcer la collaboration au sein des équipes médico-soignantes et maintenir le dialogue avec les associations de patients, patientes et proches.

 

Chefs de projet

Professeur Stefan Kaiser, médecin chef de service, service de psychiatrie adulte, Département de psychiatrie, Hôpitaux universitaires de Genève & Professeur ordinaire, Faculté de Médecine, Département de psychiatrie, Université de Genève


Docteur Alexandre Wullschleger, médecin adjoint, service de psychiatrie adulte, Département de psychiatrie, Hôpitaux universitaires de Genève