Vers des thérapies ciblées contre la maladie de Parkinson

Analyser les signatures épigénétiques neuronales chez des personnes atteintes de la maladie de Parkinson, afin d’identifier les mécanismes moléculaires impliqués et d'ouvrir la voie à des traitements plus précis et personnalisés
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La maladie de Parkinson se caractérise par l’accumulation anormale d’alpha-synucléine et la dégénérescence des neurones dopaminergiques de la substance noire. Si les symptômes moteurs (tremblements, rigidité et bradykinésie) en constituent les signes les plus visibles, la maladie s'accompagne également de troubles non moteurs (déclin cognitif, perturbations du sommeil ou dysfonctions autonomes), reflétant une hétérogénéité clinique marquée : certaines personnes connaissent une évolution lente, tandis que d'autres voient leur état se dégrader rapidement. Si des facteurs génétiques et environnementaux jouent un rôle clé dans le développement de la maladie, les mécanismes épigénétiques, c'est-à-dire ces modifications réversibles de l’expression des gènes, sont encore peu explorés. Pourtant, ils pourraient expliquer comment le vieillissement, les expositions toxiques ou même l'alimentation modulent la progression de la maladie de Parkinson. Jusqu'à présent, les études se sont heurtées à un obstacle majeur : les échantillons sanguins ou les tissus cérébraux post-mortem ne permettent pas de capturer les changements dynamiques survenant chez les patients et patientes vivantes. Par ailleurs, le rôle des cellules gliales dans la pathologie est de plus en plus reconnu, mais elles n’ont pas encore fait l’objet d’une analyse épigénétique spécifique, alors qu’elles pourraient détenir des clés pour comprendre la diversité des trajectoires de la maladie.

 

Projet

Ce projet se concentre sur l'exploration des mécanismes épigénétiques au sein du noyau sous-thalamique, une région cérébrale essentielle dans la maladie de Parkinson. Grâce à des technologies de séquençage de pointe, le projet permettra de décrypter les altérations épigénétiques dans les différentes populations cellulaires du noyau sous-thalamique, notamment les neurones et les cellules gliales, dont le rôle dans la maladie est de plus en plus reconnu. En comparant les profils épigénétiques de patients et patientes atteintes de la maladie de Parkinson à ceux de sujets sains, l’équipe de recherche cherchera à identifier des signatures moléculaires spécifiques à la maladie.
Ces découvertes pourraient ouvrir la voie à des thérapies innovantes, plus ciblées et adaptées aux profils individuels des personnes atteintes, marquant ainsi un changement de paradigme dans la prise en charge de la maladie de Parkinson.

 

Cheffe et Chef de projet

Professeur Christian Lüscher, Médecin hospitalo-universitaire, Service de neurologie, Département des Neurosciences cliniques, Hôpitaux universitaires de Genève & Professeur ordinaire, Département des neurosciences fondamentales, Faculté de médecine de l'Université de Genève

Professeure Jocelyne Bloch, Médecin cheffe, Service de neurochirurgie, Département des neurosciences cliniques, Centre hospitalo-universitaire Vaudois & Professeure ordinaire à la Faculté de Biologie et de médecine de l’Université de Lausanne & Professeure titulaire à l’EPFL

 

Droit d'auteur photographie : 

« Pointillism in the Brain by Olivier Hagens, EPFL » par SNSF Scientific Image Competition, CC BY-NC-ND 2.0