En Suisse, la sclérose en plaques touche 1 personne sur 500. Grâce au soutien des donateurs et donatrices de la fondation, des chercheurs et chercheuses du Département des neurosciences de la Faculté de médecine ont pu identifier une cible thérapeutique prometteuse.
Le projet
La sclérose en plaques (SEP) est une maladie auto-immune où le système immunitaire attaque la myéline, une membrane protectrice des neurones. Bien qu'efficaces, les traitements actuels affaiblissent une partie du système immunitaire, exposant les patients à des infections graves. Soutenu par la Fondation, le projet visait à étudier un sous-type de lymphocytes (globules blancs) exprimant le récepteur c-Met, suspecté de jouer un rôle clé dans l’inflammation et la progression de la SEP. L’objectif : valider si le blocage spécifique de ces cellules pourrait réduire les effets secondaires sans pour autant affaiblir les défenses immunitaires.
Les résultats
L’équipe, menée par le Pr Patrice Lalive du Département des neurosciences cliniques à l'Université de Genève, a comparé les globules blancs de patients et patientes récemment diagnostiqués (non traités) avec ceux de personnes saines. Cette étude a relevé que celles et ceux atteints de SEP présentent des lymphocytes T exprimant le récepteur c-Met dans leur liquide céphalo-rachidien, absents chez les sujets sains. Ces cellules, bien que minoritaires (5 à 6% des globules blancs), sont plus inflammatoires et traversent plus facilement la barrière protectrice du cerveau. Des tests sur un modèle animal ont confirmé que le fait de bloquer ce récepteur réduit significativement les symptômes.
Publiés dans Annals of Neurology, les résultats de cette recherche suggèrent que le récepteur c-Met est une cible stratégique pour de futurs traitements.
L’impact
Cette découverte ouvre deux perspectives majeures. Au niveau clinique, des traitements ciblant uniquement les lymphocytes porteurs de c-Met pourraient limiter les effets secondaires (e.g. infections, fatigue) tout en contrôlant la maladie. Pour la recherche future sur cette pathologie, le récepteur c-Met devient une piste prioritaire pour développer des molécules thérapeutiques. L’équipe du Pr Lalive travaille d'ailleurs désormais à identifier des inhibiteurs spécifiques.
Ces résultats encourageants soulignent toute l’importance du soutien des donateurs et donatrices de la fondation à la recherche fondamentale qui permet d’identifier des pistes thérapeutiques innovantes pour améliorer toujours la prise en charge des patients et patientes.
À lire aussi
- l'article dans Annals of Neurology
- le communiqué de presse de l'Université de Genève
- la fiche projet de la fondation : Sclérose en plaques - la recherche avance
- les travaux du groupe de recherche du Pr Patrice Lalive
